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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Michel Lejoyeux, "l'aventure de la bonne humeur : le roman qui apprend à être heureux", Robert Laffont, 2024

Michel Lejoyeux, "l'aventure de la bonne humeur : le roman qui apprend à être heureux", Robert Laffont, 2024

📖 L’Aventure de la bonne humeur – Michel Lejoyeux

Un psychiatre qui s’appelle Lejoyeux et qui écrit un livre sur L’Aventure de la bonne humeur… avoue que ça ne s’invente pas ! J’ai d’abord découvert Michel Lejoyeux dans un podcast où il parlait de son livre avant de me décider à l’acheter. Et franchement, je le trouve encore plus intéressant à écouter qu’à lire 😂 (il faut dire que l’ouvrage fait près de 400 pages, ce n’est pas rien).

Mais le sujet — la dépression, la déprime, le mal-être ou la mélancolie — est traité de façon originale : non pas comme un traité scolaire, mais sous forme de récit, presque comme un roman.

🎹 Maria, une pianiste en crise

Tout commence avec Maria, une pianiste qui, après un concert où elle pense avoir mal joué, bascule dans la morosité. Peu à peu, elle s’enferme dans une spirale de pensées négatives : elle se dévalorise, se répète « je suis une ratée » et glisse vers une véritable mauvaise humeur.

À travers Maria, l’auteur met en scène les mécanismes de l’humeur et les chemins possibles vers la « bonne humeur ».

🙂 Définir la bonne humeur

Quelques définitions retenues :

  • « L’humeur ne dépend pas seulement de ce qui nous arrive dans la journée ou de ce que l’on a mangé, mais aussi du fonctionnement de nos neurones » (p.35).
  • Être de bonne humeur, ce sont ces gens qui prennent la vie du bon côté quoi qu’il arrive et sifflotent en buvant leur café (p.39).
  • Pour Jean Delay, l’humeur est notre disposition affective fondamentale, entre plaisir et douleur (p.40).

Lejoyeux distingue trois types de bonne humeur :

  1. La bonne humeur calme et apaisée : un état où l’on ne souffre pas (ou pas trop). Si la santé est « le silence des organes », la bonne humeur est « le silence de l’esprit ».
  2. La bonne humeur waouh ! : enthousiasme pour l’instant présent, oubli du futur.
  3. La bonne humeur résiliente : celle de ceux qui, ayant traversé des épreuves, apprécient encore plus les petites joies du quotidien (p.44).

🧠 Ce qui se passe dans notre cerveau

Dans le cerveau, la bonne humeur est liée à la sérotonine et parfois à la dopamine (énergie). À l’inverse, la mauvaise humeur et le stress sont liés au cortisol et à l’adrénaline (p.95). Tout est affaire d’équilibre.

👥 Chercher une oreille bienveillante

Maria comprend qu’elle doit parler à quelqu’un. Mais à qui ? Elle élimine :

  • La famille : trop de réactions disproportionnées, ça deviendrait un drame.
  • Les pervers narcissiques (agressivité, mensonge, manipulation).
  • Les personnalités trop gaies : quand on est déprimé, voir quelqu’un rire aux éclats peut agacer. Pire : ces gens risquent de sortir des phrases toutes faites du style « vois le bon côté des choses » (p.59).
  • Les personnes trop tristes : elles ne feraient qu’accentuer son mal-être.

Finalement, Maria se tourne vers son amie Hannah, capable d’écouter sans juger, sans minimiser ni dramatiser.

🚫 Ce qu’il ne faut pas faire

Face à une personne de mauvaise humeur, l’auteur recommande d’éviter :

  1. Les menaces et la peur.
  2. La surprotection et les excès de réassurance.
  3. Les conseils trop directs (« tu devrais… »).
  4. Les jugements, critiques ou culpabilisations.

À l’inverse, comme le dit James O. Prochaska : « quand on veut aider quelqu’un à changer, il vaut mieux l’accompagner en douceur que chercher à le raisonner » (p.70).

🛠️ L’émotologue Houdin et les pistes thérapeutiques

Maria finit par consulter un émotologue, M. Houdin (le métier n’existe pas). L’émotologie, dit Lejoyeux, mélange psychanalyse, thérapie cognitivo-comportementale et psychothérapie existentielle (p.111).

Houdin lui fait découvrir :

  • La logothérapie (Viktor Frankl), avec trois leviers : trouver ses valeurs, clarifier ses buts, cultiver la gratitude.
  • L’importance de percevoir et nommer ses émotions : même violentes, elles sont la preuve que l’on est vivant. À l’inverse, l’absence d’émotion (alexithymie) rend malade.
  • Les pensées qui aggravent la mauvaise humeur : « l’autocritique (« tout est ma faute »), le catastrophisme (« Les choses ne vont faire qu’empirer »), le blâme des proches ou du destin (« C’est leur faute »), le repli (« Puisque c’est comme ça, je préfère rester dans mon coin ») ou encore le déni (« je préfère faire comme si rien ne s’était passé »).

Maria rencontre aussi un émoto-libraire qui lui fait découvrir la bibliothérapie : lire peut apaiser l’angoisse et renforcer l’estime de soi.

📚 Des philosophes en renfort

L’auteur convoque aussi les philosophes :

  • Spinoza : les désirs vains (richesse, honneur, lubricité) plombent l’esprit.
  • Platon et Socrate : l’importance de la souplesse intellectuelle.
  • Camus (L’Étranger) : l’absence d’émotion rend fou.
  • Alain : aux mélancoliques, il dit « regarde au loin », car l’œil se repose face à l’horizon ou aux étoiles (p.295).

Et surtout : « il n’est pas sûr que les chemins s’ouvriront si vous avez la foi, mais il est sûr qu’ils seront fermés si vous n’avez pas d’abord foi en vous » (p.295).

⚖️ La méthode des 4 E

Lejoyeux propose une méthode simple pour distinguer un simple coup de blues d’une dépression : observer 4 dimensions (p.253-254) :

  1. Émotions
  2. Estime de soi
  3. Énergie
  4. Envie

Quand les quatre sont touchées en même temps, on parle de dépression caractérisée. Et contrairement aux idées reçues, la dépression n’est pas un simple « manque de volonté » : elle touche l’esprit et le corps, diminuant l’espérance de vie et augmentant les risques de maladies physiques (p.259).

🚶‍♀️ La marelle de la bonne humeur

En conclusion, Lejoyeux propose un outil pratique : la « marelle de la bonne humeur », avec cinq étapes :

  • Zoomer : se concentrer sur l’instant présent, limiter les pensées parasites.
  • Bouger : le sport comme médicament naturel (endorphines, baisse du stress).
  • Supporter : accepter ses imperfections, lâcher-prise, éviter le perfectionnisme.
  • Honorer : identifier ses valeurs et leur donner une place dans sa vie.
  • Remercier : développer la gratitude.

À la fin, Maria résume son chemin : « cette morosité passagère m’a obligée à m’écouter et à découvrir de nouvelles manières de sourire. Merci à mon coup de blues » (p.386).

Quelques phrases à retenir

  • « Le pessimisme est de nature. L’optimisme est de combat » (p.291).
  • « Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière » (Michel Audiard).
  • « Plus tu es souple dans ta tête, moins tu es rancunière, mieux tu te portes » (p.98).
  • « La déprime se définit comme un champ de vision restreint sur ce que l’existence a à offrir » (p.126).
  • "On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va" Jacques Prévert. 

🎯 Mon ressenti

Un livre riche, accessible, plein de références (psychologie, neurosciences, philosophie, littérature). Parfois un peu long, mais stimulant et bien construit. On apprend beaucoup sur la manière d’aborder la mauvaise humeur, sans jugement ni recettes simplistes.

Bref : L’Aventure de la bonne humeur est à la fois un récit, une boîte à outils et une invitation à regarder la vie avec plus de souplesse et de gratitude.

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