Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter vos impressions, car ce blog est aussi un lieu d’échange et de partage. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du sacerdoce à Vienne

Pape François, "Espere : l'autobiographie", Albin Michel, 2025. pp.390.

Pape François, "Espere : l'autobiographie", Albin Michel, 2025. pp.390.

J’espère sincèrement que c’est le dernier livre que je lis sur le pape François pour au moins quelques mois. Il va bien falloir que j’arrive à faire mon deuil de ce pape qui est, pour moi, sans aucun doute, un prophète.

Dans Espére, Pape François nous raconte toute sa vie : depuis ses origines piémontaises, en Italie, à travers ses grands-parents, jusqu’à la migration vers l’Argentine pour un avenir meilleur. L’espérance est inscrite dans le génome familial. On traverse avec lui ses années d’enfance, d’adolescence, ses débuts de prêtre, puis d’évêque en Argentine. Sa famille, ses amis, ses professeurs apparaissent au fil des pages. Même s’il est d’origine italienne, il se considère pleinement argentin.

On découvre aussi les multiples influences qui ont façonné sa pensée : théologiques, littéraires, cinématographiques, artistiques et même sportives. Le pape évoque aussi bien Umberto Eco, Jorge Luis Borges, Rainer Maria Rilke, Jean-Paul Sartre, Albert Einstein, Fiodor Dostoïevski, que Romano Guardini, Blaise Pascal, Pedro Arrupe, ou encore Giorgio Frassati.

Il parle aussi des films qui l’ont marqué, notamment Le Festin de Babette, et propose une analyse fine et étonnante du football : comment ce sport peut faire grandir en humanité, construire des ponts, unir. Il partage également son amour de la musique — Schubert, Chopin, Wagner, Beethoven, Bach, Mozart — sans oublier le tango. Très tôt, la dimension sociale de sa pensée a été marquée par le péronisme.

On y découvre son amour profond pour l’Évangile, particulièrement adressé aux pauvres, sa dévotion à la Vierge Marie, et sa conviction que le dialogue doit être un véritable style de vie. La pizza partagée en famille après les matchs de San Lorenzo, au Viejo Gasómetro, était pour lui une véritable madeleine de Proust. Il a voulu devenir boucher, médecin… avant de finir ingénieur chimiste, puis d’entrer au séminaire.

Dans cette autobiographie, on trouve des réflexions et des sagesses sur l’Évangile, la nostalgie, l’indifférence, le développement humain intégral, l’injustice, les pauvres, la folie de la guerre, le danger du populisme, la saine inquiétude, la résilience, la mélancolie, le tragique (jusqu’au suicide), et même l’humour. Comme pape, il a visité un nombre impressionnant de pays — Brésil, RD Congo, Soudan du Sud, Irak, Émirats Arabes Unis, Maroc, Mongolie, Belgique… près de 60 pays, je crois.

Au fond, on a l’impression que c’est un grand-père qui nous livre l’expérience de toute une vie vécue. Je suis profondément marqué par le ton chaleureux, parfois presque enfantin, de sa manière de parler. Il ne s’agit jamais de grandes idées abstraites, mais de vécu, de simplicité. Même sa foi semble toute simple, profondément enracinée dans le Christ — et pourtant, il est docteur en théologie. C’est impressionnant.

 

Quelques passages sur l’Espérance (titre même de l’autobiographie)

L’espérance chrétienne c’est la conscience que Dieu nous aime depuis toujours et pour toujours, et qu’Il ne nous laisse jamais seuls : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? (…) Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous aimés » Rm 8,35-37.

« Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier » Martin Lutin King. L’espérance est un combat pour ne pas abandonner, renoncer et céder à la nuit. L’Esperance est une ancre, elle est cette vertu humble et forte qui nous soutient et ne nous laisse pas sombrer dans les nombreuses difficultés de l’existence ».

« L’espérance n’est ni une superficialité ni un placebo pour les gens crédules, encore moins un slogan pour dire que « tout va très bien, madame la marquise » : c’est au contraire une force pour vivre dans le présent avec courage, une capacité à regarder vers l’avenir » p.338.

« Pour nous chrétiens, l’avenir a un nom, et ce nom est espérance. Espérer ne signifie pas être des optimistes naïfs qui ignorent le drame des maux de l’humanité. L’espérance est la vertu d’un cœur qui ne s’enferme pas dans le noir, qui ne s’arrête pas au passé, ne vivote pas dans le présent, mais qui sait voir de manière lucide le lendemain. Inquiets et joyeux, voilà comment nous devons être, nous chrétiens ». p.380

 

Citations semées tout au long du livre

« Puisse l’homme accomplir la promesse de l’enfant qu’il a été » Hölderlin

« L’homme est créé de telle façon qu’il est avant tout donné à lui-même comme « forme-de-commencement » - dans une ouverture et une prédisposition vis-à-vis de ce qui va venir à sa rencontre » p.117. Romano Guardini

« Disputez-vous, cassez tout mais pas devant les enfants et réconcilier vous a la fin de la journée (…) la guerre froide du lendemain est le véritable danger » p.119.

« La vie, mon ami, c’est l’art de la rencontre, en dépit de tous les désaccords ». p.119. Poète Vinicius de Moraes

« La culture est une exigence à satisfaire et à encourage, aussi naturelle que de manger ou de boire » p.120.

« La tradition n’est pas le culte des cendres, mais la gardienne du feu. » Gustav Mahler p.124. Ce n’est pas un musée, la tradition, c’est la garantie de l’avenir.

« Savoir perdre, c’est la sagesse » Osvaldo Pol. L’important est de ne pas rester à terre.

« Le Seigneur a de l’avance sur nous. Il nous primerea, il nous passe devant. On croit que c’est nous qui Le cherchons, mais Lui nous a déjà trouvés. Nous péchons, et Lui nous attend pour nous pardonner » p.149.

« miserando atque eligendo » ; « en accordant miséricorde et en choisissant » p.150.

La miséricorde est la carte d’identité de Dieu.  

« L’humanité a inventé la bombe atomique, mais aucune souris ne construirait jamais un piège à souris » Albert Einstein. P.207

« L’hostilité, l’extrémisme et la violence sont toujours une trahison de la religion… l’offense la plus blasphématoire consiste à profaner le nom de Dieu en haïssant ses frères » p.297.

« Les êtres humains sont soit frères par la religion, soit égaux par la création » Ayatollah Al-Sistani

« La fraternité est plus forte que le fratricide, la paix que la guerre, l’espoir que la mort » p.300.

« Il ne faut jamais cacher la vérité et l’opacité est toujours le pire des choix » p.309.

« Notre temps est pressant : quand on veut saisir l’aujourd’hui, c’est déjà hier ; si l’on veut saisir demain, il n’existe pas encore » p.309.

« Penser à tous les enfants comme aux siens est l’antidote à la déshumanisation » p.320.

« Toue solution bâtie sur la vengeance et la violence ne pourra jamais mener à la paix, elle ne fera que semer la haine et le ressentiment, génération après génération, en une chaîne infinie de violences » p.320.

« Imiter la haine et la violence des tyrans et des assassins est la meilleure manière de prendre leur place » p.323.

« Si vous rencontrez quelqu’un qui sait tout et a tout compris, saluez-le chaleureusement et passez votre chemin ». L’erreur est une expérience commune dont nous pouvons apprendre.

« Si personne ne peut se considérer comme juste devant Dieu (Rm 2,1-11), personne ne peut vivre sans la certitude de trouver le pardon, car « Dieu est plus grand que notre cœur » (1 Jn 3,20). Il faut demander pardon. Il faut pardonner. Et il faut continuer à espérer, car quel qu’ait été le passé, l’histoire qui commence aujourd’hui en chacun de nous reste à écrire. p.339.

« Si miséricorde est le nom de Dieu, Espérance est celui qu’Il nous a donné, celui qui répond à notre nature la plus profonde, à notre essence la plus vraie » p.339.

« L’humour et le sourire sont le levain de l’existence, un outil pour affronter les difficultés et porter les croix avec résilience » p.341.

« L’humour est une déclaration de dignité. Une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive » Romain Gary p.341.

« Enfin de compte, un chrétien triste est toujours un triste chrétien » p.345.

« Il existe seulement deux hommes parfaits : l’un est mort, l’autre n’est pas encore né » proverbe chinois.

« Si tu penses à l’année prochaine, sème du maïs ; si tu penses aux dix prochaines années, plante un arbre ; mais si tu penses au prochain siècle, éduque les gens » Zigmunt Bauman.

« Pour sauver l’humain, la poésie et l’amour nous sont indispensables »

« La véritable aventure personnelle est celle qui se réalise à partir du cœur » p.371.

« La réalité la plus profonde, la plus joyeuse, la plus belle pour nous-même comme pour ceux que nous aimons, doit encore arriver. Même si des statistiques vous affirment le contraire, même si la fatigue affaiblit vos forces, ne perdez jamais cette espérance qui ne peut être vaincue (…) si un jour la crainte et l’inquiétude vous assaillent, comme dans l’épisode des noces de cana (Jn 2,1-12) dites-vous : le vin le meilleur doit encore être servi. » p.372.

« La plus belle des mers est celle où l’on n’est pas encore allé. Le plus beau des enfants n’a pas encore grandi. (…) et ce que moi je voudrais te dire de plus beau, je ne te l’ai pas encore dit ». p.372.

« Mieux vaut être chrétien sans le dire, plutôt que le dire sans l’être » Ignace d’Antioche.

« Le contraire le plus quotidien de l’amour de Dieu, de la compassion de Dieu, de la miséricorde de Dieu, c’est l’indifférence » p.379.

« La tendresse n’est rien d’autre que cela : c’est l’amour qui se fait proche et concret » p.381.

« Si une personne affirme qu’elle a rencontré Dieu avec une certitude totale, il y a quelque chose qui cloche. Si quelqu’un a les réponses à toutes les questions, c’est la preuve que Dieu n’est pas avec lui (…) Il faut être humble, laisser la place au Seigneur, non à nos fausses certitudes » p.381.

 

Comme le pape François, nous ne sommes ici que pour « un passage » vers le Royaume des Cieux.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article