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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Marcel Pagnol, "La gloire de mon père : souvenirs d'enfances", Barnard-Grasset, 1957.

Marcel Pagnol, "La gloire de mon père : souvenirs d'enfances", Barnard-Grasset, 1957.

J’ai découvert Marcel Pagnol un peu par hasard, en tombant sur Topaze. Et là, coup de foudre littéraire ! Ce premier contact m’a ouvert l’appétit, alors j’ai poursuivi avec La Gloire de mon Père, et en ce moment je suis plongé dans Le Château de ma Mère.

Dans La Gloire de mon Père, Pagnol nous embarque dans le récit de son enfance provençale. Il parle de ses parents, de ses grands-parents, et de la vie de famille élargie, notamment avec sa tante Rose et son mari Jules. L’histoire se déroule entre Aubagne et les collines de Provence, avec cette maison de campagne qui devient presque un personnage à part entière.

Ce qui rend ce livre captivant, c’est sa simplicité désarmante, son humour subtil, cette tendresse familiale qui affleure à chaque page, mais aussi l’évocation très fine de l’enfance, avec ses éclats de naïveté, ses moments de lucidité surprenante, et cette cruauté innocente qu’ont parfois les enfants. On navigue entre les petits riens de la vie quotidienne, les aventures de chasse, et les premières désillusions face aux adultes qu’on pensait parfaits.

Un passage particulièrement drôle : Pagnol, à 6 ans, décide de mener une véritable enquête sur la naissance des bébés. Par où sortent-ils ? Mystère… et le résultat est absolument hilarant. Mais il y a aussi des passages durs, comme ceux où lui et son frère s’amusent à maltraiter des insectes sans vraiment en mesurer la portée. Et puis ce moment étonnant, à la fois choquant et révélateur, où il raconte que l’abattage des porcs le faisait rire aux larmes, à cause de leurs cris stridents et de la scène grotesque (p.30).

Le livre pose aussi des questions plus profondes. Par exemple, dans l’épisode de la grappe de raisin, Pagnol explore avec finesse le tiraillement entre matérialisme et spiritualité. La religion est d’ailleurs un thème important, mais traité avec complexité. Son père, laïc convaincu, voit la religion comme un outil d’oppression sociale, et il n’épargne pas les clercs qu’il juge pour la plupart hypocrites. En revanche, son oncle Jules est un croyant fervent, fidèle à la messe dominicale, ce qui donne lieu à des échanges intéressants, parfois drôles, parfois tendus.

Et puis, la fin du roman, c’est le clou du spectacle : une partie de chasse mémorable. Son père, intellectuel peu aguerri au maniement du fusil, réalise un exploit inattendu qui le couvre de gloire aux yeux de son fils. C’est ça, La Gloire de mon Père : une ode à l’enfance, un hommage pudique au père, et un livre absolument parfait à lire pendant les vacances, avec le chant des cigales en fond sonore.

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