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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter vos impressions, car ce blog est aussi un lieu d’échange et de partage. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du sacerdoce à Vienne

5ème Dimanche du temps ordinaire, Année A, 2026

5ème Dimanche du temps ordinaire, Année A, 2026

Lectures (Is 58,7-10 ; Ps 111(112) ; 1 Co 2,1-5 ; Mt 5,13-16)

Frères et sœurs,

Caricaturalement — et en forçant un peu les traits ce matin — dans le monde chrétien, nous avons souvent deux discours sur la vie chrétienne.

Il y a d’abord un premier discours qui met l’accent presque exclusivement sur l’adoration de Dieu, sur la grandeur de Dieu, sur le mystère de Dieu, sur l’importance de la prière et de la messe.
On entend souvent : « Dieu premier servi ! »
La foi est alors résumée à la prière, à la contemplation, à la relation personnelle avec Dieu… au risque d’oublier l’amour du prochain, l’engagement concret, le combat pour la justice et la paix.

Et puis, à côté de cela, il y a un second discours, tout aussi radical, qui met l’accent presque exclusivement sur la charité, le service des autres, l’attention aux plus pauvres, aux plus marginalisés.
Pour les tenants de ce discours, la foi se résume à un engagement concret pour la justice ou la paix dans le monde, au risque d’oublier que la justice et la paix ne sont pas seulement à construire, mais qu’elles sont d’abord un don à recevoir de Dieu, lui qui est la source de toute vie et de tout bien.

J’ai un peu exagéré les traits, bien sûr.
Mais vous voyez bien que dans la vie chrétienne, on ne peut pas choisir.
On ne peut pas séparer l’amour de Dieu et l’amour du prochain.
On ne peut pas séparer la prière et l’action.
On ne peut pas séparer la contemplation de Dieu et l’engagement concret pour la justice et la paix.

C’est exactement ce que nous rappelle la première lecture du prophète Isaïe.
Dieu entend nos prières, Dieu répond à nos appels quand nous partageons le pain avec celui qui a faim, quand nous accueillons chez nous le sans-abri, quand nous couvrons celui qui est sans vêtement, quand nous ne nous dérobons pas devant nos frères et sœurs en détresse.
Et alors — dit Isaïe — « ta lumière jaillira comme l’aurore ».

Cette lumière qui jaillit en nous lorsque nous témoignons de l’amour autour de nous, ce n’est pas la nôtre.
C’est la lumière du Christ.

Et lorsque l’Évangile nous dit : « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre », ce n’est pas pour flatter notre ego.
Nous ne sommes pas la lumière parce que nous serions meilleurs, plus forts ou plus saints que les autres.
Nous sommes la lumière parce que nous avons revêtu le Christ le jour de notre baptême, symbolisé par le vêtement blanc.
Nous recevons le Christ à chaque eucharistie, à chaque communion.
Et saint Paul peut aller jusqu’à dire : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ crucifié qui vit en moi. »

Au fond, le chrétien n’est pas la lumière.
Il est comme la lune : il ne brille que parce qu’il reçoit et reflète la lumière du Christ.
Le Christ est le Soleil.
Il est la lumière qui ne s’éteint pas.
Et nous, disciples, nous n’avons pas de lumière propre ; nous sommes appelés à laisser passer la sienne.

C’est pourquoi il nous faut sans cesse conjuguer :

  • d’une part, la prière, la contemplation, l’attachement au Christ, pour recevoir la lumière ;
  • et d’autre part, l’engagement pour un monde plus juste, pour laisser cette lumière éclairer les autres.

Dans un monde de plus en plus confronté à la violence, à la domination, aux armes, à la peur et à la haine, nous pouvons faire nôtre cette belle prière traditionnellement attribuée à saint François d’Assise :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où il y a la haine, que je mette l’amour ;
là où il y a l’offense, que je mette le pardon ;
là où il y a la discorde, que je mette l’union ;
là où il y a l’erreur, que je mette la vérité ;
là où il y a la peur, que je mette la foi ;
là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance ;
là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière ;
là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Amen

 

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