Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter vos impressions, car ce blog est aussi un lieu d’échange et de partage. Bonne lecture !
20 Novembre 2025
L’un des meilleurs livres que j’ai lus cette rentrée ! Mais est-ce vraiment un roman ? On est presque dans un thriller tiré de faits réels. Certains disent qu’ils sont de la génération Jean-Paul II ; moi, de plus en plus, je pense que je suis clairement de la génération François. Bref, revenons au livre.
Le ministère de la culture du Vatican contacte un écrivain espagnol, Javier Cercas, athée et anticlérical, et lui propose de voyager avec le pape François pour ensuite écrire un livre. Il accepte, mais à une seule condition : avoir un entretien avec le pape sur la vie éternelle et la résurrection des morts. Son père est décédé, sa mère croit profondément qu’elle le retrouvera au ciel, et Javier veut une réponse claire du pape pour pouvoir la lui transmettre. C’est un peu l’intrigue du livre, même si, honnêtement, je n’ai pas trouvé la réponse du pape extraordinaire.
Pourquoi choisir justement un intellectuel athée et anticlérical pour accompagner le pape ? Parce que François est le pape des « périphéries ». Il vient lui-même d’Argentine et, visiblement, le Vatican voulait un regard extérieur, différent de celui des gens de l’Église. Et franchement, ça fonctionne très bien. On ne s’ennuie pas une seconde. D’ailleurs, quand on lui propose le projet, Javier leur demande s’ils savent qu’il est « un homme dangereux ». J’ai éclaté de rire, lol.
Dans le livre, on découvre aussi une biographie du pape François, les courants religieux, politiques et sociaux qui l’ont influencé. J’ai même découvert le péronisme, que je ne connaissais à peine ! C’est d’autant plus surprenant que Bergoglio, en Argentine, était vu comme un conservateur réactionnaire, ce qui fait sourire quand on voit ce qu’il est devenu comme pape.
Le livre décrit aussi plusieurs institutions du Vatican. Et Javier avoue que rencontrer toutes ces personnes lui a fait tomber beaucoup de préjugés. Il a découvert des hommes et des femmes ordinaires, avec leurs forces et leurs faiblesses. Les réflexions sur la foi sont très belles : est-ce une intuition poétique ? Un don de Dieu ? Un superpouvoir ? J’ai beaucoup aimé aussi les références à Nietzsche, Pascal, Marx… Cela donne une vraie profondeur philosophique au texte.
Pendant le voyage, Javier se demande pourquoi les médias parlent toujours du pape sur le plan politique, et si peu sur les sujets spirituels : la vie éternelle, le paradis, la résurrection du Christ… Est-ce que plus personne ne s’y intéresse ? Ou est-ce que les journalistes ne savent plus comment aborder ces thèmes ? Dans un monde où l’information se limite souvent au sensationnel, il reste peu de place pour la poésie et la spiritualité — un regard plus profond, plus intérieur, moins superficiel.
Une des parties que j’ai préférées est celle où il rencontre les missionnaires en Mongolie. Des hommes et des femmes qui quittent tout — famille, pays, langue — pour annoncer le Christ d’abord par leur vie. La Mongolie compte à peine 1 % de catholiques, certains sont là depuis 20 ans et n’ont baptisé que quatre personnes ! Et pourtant, ils continuent avec courage. Le jeune cardinal de Mongolie donne une magnifique définition de l’évangélisation : « murmurer à l’oreille ». Et pour murmurer, il faut être proche. On retrouve là toute l’intuition du pape François sur la proximité.
Javier interroge aussi ces missionnaires sur la vie éternelle et la résurrection de la chair. Chacun répond à sa manière, et c’est passionnant.
À la fin, on découvre aussi l’aspect géopolitique du voyage : le moment où le pape, entouré d’évêques chinois, invite les fidèles chinois à être de « bons chrétiens et de bons patriotes ». Ce message a un peu éclipsé la petite communauté mongole venue l’accueillir avec joie.
J’ai été amusé — et touché — par l’épisode du « Christ d’Elqui ». Je vous laisse le découvrir.
J’ai surtout été marqué par la réflexion de Javier sur Jorge Bergoglio et le pape François : comment l’un est devenu l’autre, et comment l’autre reste encore l’un. On découvre un Bergoglio traversant une grande crise, isolé, critiqué par ses propres frères jésuites qui le trouvaient orgueilleux et autoritaire. Comment cet homme-là est-il devenu le pape de la proximité, des pauvres, du dialogue et de la fraternité universelle ? Le livre montre un combat intérieur immense.
L’entretien avec sœur Nathalie Becquart sur la synodalité et la place des femmes dans l’Église est intéressante. Mais celui qui m’a le plus intéressé, c’est celui avec Manuel « Tucho » Fernández, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi — l’ancien Saint-Office, autrefois chargé de traquer les hérésies ! Ironie de l’histoire : Tucho avait lui-même été inquiété par cette même congrégation lorsqu’il est devenu recteur en Argentine. Et quand on voit certains titres de ses livres — « Guéris-moi avec ta bouche : l’art d’embrasser » ou encore des chapitres sur « le chemin vers l’orgasme » — on comprend pourquoi ça avait fait du bruit, lol. Et maintenant, c’est lui « le grand inquisiteur » chargé de réformer tout ça !
Pour Javier, l’Église a besoin aujourd’hui d’inculturation, notamment dans l’Europe moderne, rationnelle et démocratique. Et il propose comme remède aux problèmes de l’Eglise que chacun devienne missionnaire, comme ceux qu’il a rencontrés en Mongolie.
Au fond, ce livre raconte l’histoire d’un « fou sans Dieu » (Javier Cercas) qui part rencontrer un « fou de Dieu » (le pape François) au bout du monde.
Et pour conclure : j’ai été profondément ému par un appel téléphonique inattendu du pape… que je vous laisse découvrir. Je n’ai pas simplement lu ce livre : je l’ai savouré, dégusté, de la première à la dernière page.