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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Joyce Carol Oates, "Respire...", Philippe Rey, Traduit de l'anglais par Claude Seban, 2022.

Joyce Carol Oates, "Respire...", Philippe Rey, Traduit de l'anglais par Claude Seban, 2022.

J'ai attaqué ce roman avec une grande curiosité, séduit dès les premières pages par la qualité de l'écriture et la profondeur psychologique des personnages. Mais au fil de ma lecture, j'ai fini par trouver l’histoire un peu longue et répétitive, au point de peiner à en venir à bout.

Le récit suit Michaëlla, une femme profondément amoureuse de son mari Gérard. L'histoire débute alors qu'ils arrivent à Santa-Tierra, aux États-Unis. Gérard est chercheur à l’université, et Michaëlla, elle, enseigne la littérature (si je ne me trompe pas). Très vite, Gérard tombe gravement malade, un cancer métastasé, et Michaëlla se retrouve à ses côtés, prête à le soutenir coûte que coûte. Le mot « Respire » revient sans cesse, car elle l’emploie pour l’inciter à lutter, à survivre. Ce « Respire » devient une imploration à la vie elle-même. Mais Michaëlla va découvrir, malgré tout l’amour qu’elle éprouve pour lui, que cet amour n’est pas suffisant pour le sauver. Le roman nous montre que l’amour ne peut pas toujours contrer la mort. Pourtant, elle ne cessera de répéter à son mari tout au long de sa lente agonie : « Mon amour, je t’aime tant. Je tiens ta main. Je ne t’abandonnerai jamais. »

Gérard finit par mourir, et le reste du roman nous plonge dans le combat de Michaëlla pour survivre à cette perte. Elle met en place de multiples stratégies pour affronter ce deuil insurmontable : elle se remémore leur passé commun, leurs projets d'avenir, comme cette sortie à l’opéra qu'il lui avait promise. Elle a aussi des hallucinations, voyant parfois son mari dans les hommes qu’elle croise, ce qui illustre son déni. Par moments, c’est la culpabilité qui la ronge, celle d'avoir survécu à son mari, d’avoir « abandonné » l’être aimé. Son chagrin est si intense qu’elle en oublie de manger et se renferme sur elle-même. Le deuil, selon elle, est une expérience qui vous plonge dans un espace hors du temps, un piège dont il semble impossible de sortir. Vous ne faites pas votre deuil, c’est lui qui vous détruit.

Malgré la douleur et la perte, la vie continue. Michaëlla reprend ses cours à l’université. Cette activité devient son ancrage, une façon de rester en vie, de constater que le monde poursuit sa course, même si elle-même est suspendue dans son chagrin. À travers cet engagement, elle parvient peu à peu à surmonter la culpabilité et à envisager un nouveau départ.

Cependant, il y a quelques zones d’ombre que je n’ai pas bien saisies. Si vous lisez le livre, peut-être pourrez-vous m’éclairer. À la fin, je n’ai pas réussi à comprendre si Michaëlla rêve de sa propre mort, si elle est réellement morte, ou si c’est quelqu’un d’autre qui meurt. De plus, l’une de ses étudiantes est victime de viol, et j’ai eu du mal à savoir si cette jeune fille s’est aussi suicidée ou si cette information était erronée. Comme vous pouvez le voir, certains éléments du roman m’ont échappé.

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