Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter vos impressions, car ce blog est aussi un lieu d’échange et de partage. Bonne lecture !
23 Novembre 2025
Chers Frères et soeurs,
dans la 1ère lecture on peut observer tout le chemin parcouru par le peuple d’Israël depuis David jusqu’à Jésus. David homme selon le cœur de Dieu par sa loyauté, sa capacité à pardonner et à reconnaitre ses fautes n’était pourtant pas sans péché – nous connaissons notamment ses déboires avec Bethsabée, la femme de son officier qu’il a tué pour récupérer cette dernière… Son fils le roi Salomon, qui lui a succédé n’était pas mieux non plus… On nous raconte qu’il avait 300 concubines…Bref tous les rois qui succèderont à ces derniers ne seront pas sans reproche non plus – y’en a pas un pour rattraper l’autre. C’est dans cette histoire de vie, marquée par le péché que le Seigneur va promettre à Israël un roi de paix et de justice sur qui reposera l’Esprit du Seigneur. Ce véritable roi et qui sera contrairement aux autres, sans péché, c’est la personne même de Jésus qui est le terme et l’aboutissement de notre foi.
Jésus est donc l’accomplissement de la promesse faite à Israël. Et Jésus, est un roi fort, exceptionnel et extraordinaire car il a fait de grandes choses. En effet, il a guéri les malades, ressusciter les morts (Lazarre), donner la vie aux aveugles, chasser les démons, enseigner les foules, multiplier les pains. Bref il a pris soin du peuple qui lui a été confié par Dieu de manière exceptionnel. Jésus peut donc être vu à la manière d’un super héros des marvels. Il serait alors le roi de l’univers galactique et intergalactique. Il a fait des prodiges et des choses extraordinaires que l’on ne voit pas tous les 4 matins car Dieu était avec lui.
Dans notre vie, nous aussi, nous espérons beaucoup du Seigneur. Qu’il nous donne l’intelligence nécessaire pour réussir, qu’ils nous guérissent de nos maladies, qu’il change tel ou tel défaut en nous, bref nous attendons qu’il supprime tout le mal de notre vie et qu’il nous accorde le bonheur et la paix. La deuxième lecture nous disait en effet que Dieu, « en Jésus, nous a arraché au pouvoir des ténèbres, pour nous place dans son royaume ». En Jean 10, Jésus Dit qu’il « est venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance, en plénitude, en surabondance ». Jésus est notre paix, notre rédemption et c’est donc humain que l’on attende de lui le bonheur et la libération de tous nos maux.
Cependant et très étonnant, vous conviendrez avec moi, l’Evangile nous donne à contempler un autre visage du Christ. On pourrait même dire un visage opposé à celui que je viens de décrire (le Dieu super héros) puisqu’elle nous présente un Jésus crucifié. S’il fallait imaginer Dieu, qui de nous l’aurait mis sur une croix ? Je pense que l’Evangile veut nous sortir de la superficialité pour nous amener plus profondément, à l’intérieur des choses. Et ce faisant, l’Evangile nous dit de quel type de royauté Jésus est la référence. Jésus n’est pas d’abord roi quand il fait des choses grandioses et spectaculaires comme un super héros mais il est surtout roi quand il est sur la croix. C’est sur la croix que la royauté du Christ atteint son sommet et c’est aussi « le » moment fondamental par lequel, Dieu nous sauve. Jésus dit dans l’Evangile de Jean : « quand je serai élevé de terre (ie sur la croix), j’attirerai à moi tous les hommes ». Sur la croix, il est marqué cette inscription : « Jésus roi des juifs ». Jésus manifeste pleinement sa royauté qui est une royauté d’amour et de service parce que sur la croix, Jésus donne sa vie pour nous : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » ! Jésus donne sa vie pour notre bonheur et pour notre salut. Personnellement je pense qu’il n’y a rien que l’amour de Dieu ne puisse assumer ou guérir. Quelle implication peut-on faire entre tout ce que j’ai raconté et notre vie au quotidien ? Promis c’est le dernier point.
Quand on vient à Jésus, notre roi, nous pouvons avoir tendance à venir à lui avec seulement ce qu’il y a de meilleur en nous-même, tout ce qu’on fait de bien et de parfait, nos qualités : on vient en se disant Seigneur moi je joue bien de tel instrument de musique ou je sais bien chanter, Seigneur moi je sais être attentif et servir les autres ou encore Seigneur moi je suis intelligent et je comprends vite les choses etc. Et ça, c’est déjà pas mal mais ce n’est pas suffisant car dans tout ce qu’on fait bien et parfaitement, dans nos qualités et talents, au fond, si nous sommes lucides on n’a pas tant besoin que ça de Dieu… ça tourne bien tout seul… on règne déjà en maitre dans ces domaines-là.
Peut-être, ce matin, devons-nous désirer ardemment que Jésus vienne aussi régner dans nos faiblesses et dans nos pauvretés. Dans ces défauts ou caractères qui nous énervent, dans nos zones d’ombres, dans ce qu’il y a de plus caché en nous et dont nous avons honte ou peur d’en parler et parfois de regarder. Cet acte commis ou subit qui nous pourrit la vie, dont on a mis le couvercle, ces zones noires en nous où nous ne sommes pas à l’aise, et qui parfois sont la source de notre péché… C’est peut-être là qu’on peut demander à Jésus de venir régner et de nous nous donner sa paix. C’est là que le Christ veut te dire je t’aime, je vais prendre soin de toi, je vais te consoler, te soigner, te guérir, te redorer… Car « Jésus n’est pas venu pour les bien portants mais pour les pécheurs » Lc 5,32.
Chers frères et sœurs, c’est dans ces lieus que nous avons besoin d’être sauvé. Je crois que c’est dans ces lieux où nous nous sentons impuissants ou limités qu’on peut vraiment faire de la place à Dieu. N’ayons pas peur ! Jamais Jésus ne nous condamnera. Alors remettons nous tout entier entre ses mains, avec tout ce qu’il y a de beau et de laid en nous et que son règne vienne dans nos cœurs. Une fois de plus je réitère cette phrase : « il n’y a rien que l’amour ne puisse assumer ou guérir ».