Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
5 Avril 2026
Lectures : (Ac 10,34a.37-43 ; Ps 117 (118) ; Col 3,1-4 ; Jn 20,1-9)
Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, nous célébrons le cœur de notre foi : la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Après la Cène, après la Passion, après la mort et le silence du tombeau, Jésus est ressuscité le troisième jour. Comme le disent les Actes des Apôtres : « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. »
Ce n’est pas seulement un souvenir du passé. C’est le fondement de notre espérance aujourd’hui. Saint Paul le dit avec force : « si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi et nous sommes les plus à plaindre des hommes ». Pourtant, croire en la Résurrection n’a rien d’évident. Déjà, les premiers disciples ont dû faire un chemin intérieur, passer de l’incompréhension à la foi.
Marie-Madeleine voit le tombeau vide, mais elle pense d’abord à un vol. Pierre entre, observe, sans comprendre encore. Puis le disciple bien-aimé entre à son tour. L’Évangile dit simplement : « Il vit et il crut. » Il n’a pas de preuve, seulement des signes : un tombeau vide, des linges posés. Et pourtant, une lumière intérieure s’allume en lui. Il croit, parce qu’il se souvient des Écritures, parce qu’il a aimé, parce qu’il a vécu dans la proximité de Jésus.
Nous aussi, nous n’avons pas de preuves au sens scientifique. Mais nous avons des signes. Les martyrs, comme ceux de Vienne — Blandine, Sanctus et leurs compagnons — qui ont donné leur vie par fidélité au Christ. L’Église, fragile et pourtant toujours debout, portée par des hommes et des femmes pécheurs — Pierre qui a renié Jésus, Paul qui a persécuté les chrétiens — et pourtant cette Église est sans cesse transformée par la grâce. Et puis tous ceux qui, aujourd’hui encore, choisissent de suivre le Christ, comme les enfants qui s’avancent vers le baptême… et en particulier cette petite fille qui porte un très beau prénom : Victoire.
Et finalement, aujourd’hui, on pourrait presque dire que la victoire est double : la victoire du Christ sur le mal et la mort… et Victoire qui va être plongée dans cette vie nouvelle par le baptême ! Une belle manière de nous rappeler que la Résurrection n’est pas seulement une idée, mais une réalité qui touche des vies bien concrètes.
Car il faut bien le reconnaître : notre vie porte en elle une fragilité. Le temps passe, nous vieillissons, nous tombons malades, et la mort peut nous apparaître comme une impasse. À quoi bon vivre, si tout semble finir dans le néant ? La Résurrection vient répondre à cette angoisse. Elle nous dit que la mort n’est pas un mur, mais un passage. Non pas la fin, mais une ouverture. En Jésus, la mort est traversée, transformée, habitée par la vie de Dieu. Elle n’est plus seulement tragique, dramatique et absurde. Comme le dit saint Paul : « Mort, où est ta victoire ? où est-il, ton aiguillon ? » Oui, Jésus a vaincu la mort.
Et surtout, la Résurrection éclaire notre manière de vivre dès maintenant. Car le chemin qui mène à la vie, Jésus nous l’a montré : c’est celui de l’amour et du don de soi. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Sur la croix, Jésus ne perd pas sa vie : il la donne. Et c’est précisément ce don qui est fécond, qui ouvre à la Résurrection.
Autrement dit, la Résurrection n’est pas seulement une promesse pour après la mort. Elle commence déjà dans toute vie donnée. Chaque fois que nous sortons de nous-mêmes, chaque fois que nous aimons vraiment, chaque fois que nous donnons sans calcul, quelque chose de la vie de Dieu surgit déjà en nous. Comme le rappelle le concile Vatican II : « l’homme ne peut s’accomplir pleinement que dans le don désintéressé (sincère) de lui-même ». Ce n’est pas en gardant sa vie pour soi que l’on vit vraiment, mais en la donnant à la suite de Jésus. Car « celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de Dieu et de l’Évangile la sauvera ».
Alors, frères et sœurs, voici notre espérance et notre appel :
si nous voulons entrer dans la vie de la Résurrection, nous sommes appelés à apprendre dès aujourd’hui à donner notre vie. Non pas forcément dans des gestes extraordinaires, mais dans le quotidien : dans l’attention aux autres particulièrement au plus fragiles, dans le pardon, dans le service, dans l’amour fidèle. Car ce que nous donnons par amour ne se perd jamais : cela est déjà ressuscité en Dieu. « L’amour ne passera jamais », nous dit saint Paul.
Et nous croyons que, comme le Père a ressuscité son Fils, il nous ressuscitera nous aussi. Mais cette vie nouvelle commence déjà maintenant, dans un cœur qui se laisse aimer par le Seigneur pour aimer à son tour. « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » Amen.