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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Ma prédication : 13ème Dimanche du Temps Ordinaire Année A

Ma prédication : 13ème Dimanche du Temps Ordinaire Année A

Lectures : ( 2 R 4,8-11.14-16a ; Ps 88(89) ; Rm 6,3-4.8-11 ; Mt 10,37-42)

Chers frères et sœurs,

L'Évangile nous dit que le Christ nous a aimés et qu'il s'est livré pour nous. Ce mystère commence à Noël avec l'Incarnation et il culmine à Pâques, avec la mort et la résurrection de Jésus, puis le don de l'Esprit Saint. Et dans ce temps ordinaire que nous vivons depuis quelques semaines, nous sommes appelés à déployer, dans l'ordinaire de notre vie, le mystère extraordinaire de l'amour de Dieu. « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique », nous dit saint Jean. Le Père nous a donné son Fils à Pâques et son Esprit à la Pentecôte. Alors, quelle est notre réponse personnelle à ces dons inestimables de Dieu ? Quelle est notre réponse à Dieu qui ne cesse de se donner à nous dans sa Parole, dans l'Eucharistie et dans l'Église ?

Il me semble que c'est précisément la question que nous pose l'Évangile ce matin. Dieu nous appelle à répondre à son amour par notre amour. C'est l'amour qui répond à l'amour. Dieu nous a aimés, il s'est livré pour nous, et il veut avoir la première place dans notre vie. C'est pourquoi Jésus dit dans l'Évangile : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. » Il ne s'agit pas de haïr notre famille, nos amis ou nous-mêmes pour aimer Dieu. Il s'agit de préférer Jésus à tout le reste, de le mettre à la première place dans notre cœur. Que Jésus soit si intimement présent en nous que toutes nos relations – familiales, amicales, professionnelles – soient habitées par sa présence. Dans la deuxième lecture Saint Paul nous dit que nous avons été unis au Christ par notre Baptême! Nous avons revêtu le Christ! 

Il n'est pas toujours facile de mettre Jésus au centre de notre vie, surtout lorsque nous vivons dans un environnement athée, indifférent ou parfois hostile à la foi chrétienne. Cela peut demander du courage. Par exemple, lorsque l'on nous demande, au travail, ce que nous avons fait le dimanche matin, il n'est pas toujours facile de dire simplement : « J'étais à la messe. »

Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire de Joseph Fadelle. Cet Irakien chiite, fils d'une famille très influente, était promis à un bel avenir. Pourtant, après avoir découvert l'Évangile, il s'est converti au christianisme. Son attachement à Jésus lui a valu de terribles persécutions : il a été emprisonné et torturé pendant des mois par sa propre famille pour qu'il renonce à sa foi. Plus tard, après avoir réussi à s'enfuir, sa famille a tenté de l'assassiner. Finalement, il a trouvé refuge en France, où il vit aujourd'hui. Il raconte son histoire dans un livre intitulé Le prix à payer. Joseph Fadelle a préféré Jésus à sa famille, à sa tradition, à sa religion, et même à sa propre sécurité. Il a mis Jésus au centre de sa vie. C'est ce que Jésus veut dire lorsqu'il affirme : « Qui veut sauver sa vie la perdra ; qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » Celui qui cherche avant tout à préserver son confort, sa tranquillité ou sa réussite risque de passer à côté de l'essentiel. En revanche, celui qui accepte de se donner, de prendre des risques par amour du Christ, découvre la vraie vie, celle que Dieu veut lui donner.

Nous ne sommes pas tous appelés à vivre ce que Joseph Fadelle a vécu. Mais il existe une manière très concrète de manifester notre préférence pour Dieu : la place que nous lui réservons dans notre agenda. Je vous invite, une fois rentrés chez vous, à regarder votre agenda de la semaine prochaine et à constater intérieurement quelle place vous avez réservée à Jésus. Même cinq ou quinze minutes de prière personnelle par jour, c'est déjà beaucoup.

Enfin, chers frères et sœurs, notre réponse d'amour à l'amour premier de Dieu porte du fruit. C'est ce que Jésus appelle la récompense lorsqu'il dit : « Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète. » Dans la première lecture, l'hospitalité de la femme de Sunam envers le prophète Élisée lui vaut d'être exaucée dans son désir le plus profond : avoir un fils. Autrement dit, lorsque nous mettons Dieu au centre de notre vie, Dieu accomplit aussi des merveilles dans notre existence. Avec sainte Thérèse de Lisieux, on constate d'une manière étonnante que lorsque nous faisons la volonté de Dieu, Dieu, d'une certaine manière, accomplit aussi notre volonté. Thérèse a fait la volonté de Dieu en entrant au Carmel et en vivant sa « petite voie ». Et Dieu a exaucé ses désirs : elle a été reconnue sainte, elle est devenue la patronne des missions alors qu'elle n'a jamais quitté son Carmel, et sa spiritualité s'est répandue dans le monde entier (justement, Thérèse voulait « passer son ciel à faire du bien sur la terre »).

Pour conclure, chers frères et sœurs, n'ayons pas peur de mettre Jésus au centre de notre vie. N'hésitons pas à accomplir sa volonté, car ce que Dieu veut, c'est notre salut et notre bonheur, dès ici-bas et en plénitude dans le ciel. Et n'oublions pas : lorsque nous faisons la volonté de Dieu, Dieu prend soin d'accomplir en nous ce qu'il y a de plus profond et de plus beau. Amen !

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