Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Ramsès Kefi, "Quatre jours sans ma mère", Philippe Rey, 2025, pp.205.

Ramsès Kefi, "Quatre jours sans ma mère", Philippe Rey, 2025, pp.205.

Un récit simple, captivant, profond, parfois drôle, parfois émouvant. Un roman qui raconte la vie d’une famille d’immigrés vivant dans une cité appelée « La Caverne ». Il y a, selon moi, quelque chose de vraiment original dans ce premier roman de Ramsès Kefi — et j’attends déjà le prochain avec impatience.

Le roman nous présente une famille plutôt atypique : un couple d’immigrés tunisiens installé dans une cité HLM près de Paris. Ils ont un fils, Salmane, qui, après un master en histoire, a décidé de rester vivre chez ses parents tout en bossant comme caissier dans un fast-food franchement miteux.
Ses parents le rêvaient professeur d’histoire. Lui, avec son diplôme, passe surtout son temps à glander dans la cité et à fumer des joints avec son meilleur ami Archi. On peut dire que les deux ont une vie bien merdique… mais ils ne s’en plaignent pas vraiment. Au moins Salmane semble s’en accommoder.

Cette famille d’origine tunisienne se veut sans racines. Ils ne sont jamais retournés « au bled » depuis leur arrivée en France. Et quand, à l’école, on demande à Salmane d’où viennent ses parents, ces derniers lui font simplement regarder la cité par la fenêtre :
« Nous sommes originaires d’ici. De la Caverne. »
Ils n’ont pas l’air d’avoir le mal du pays. D’ailleurs, ils ne parlent jamais arabe. Ils racontent à leur fils qu’ils étaient tous les deux orphelins en Tunisie et qu’ils ont immigré en France pour avoir une chance de réussir leur vie.

Mais on découvrira plus tard que ce récit est une construction, un tissu de mensonges inventé pour survivre. Alors, qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que leur passé soit à ce point effacé ?

Tout bascule très tôt dans le roman, lorsque la mère de Salmane (Amanie) s’en va. Pas de dispute. Pas de cris. Pas de valise. Juste un mot griffonné à la hâte :
« Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. »

Salmane, effondré, se lance alors dans une enquête pour la retrouver. Son père, Hédi, n’en revient pas. Il perd complètement pied : il parle de divorce, veut vendre l’appartement, sombre par moments dans une forme de folie.
Le père et le fils réalisent alors à quel point ils ont négligé la mère, et surtout combien elle est indispensable à leur vie. En un mot : ils ne peuvent pas vivre sans elle.

Ce départ inattendu et sa recherche vont pousser le père et le fils à un profond travail d’introspection : sur eux-mêmes, sur leur relation, sur leur vie. Un travail de vérité sur leur histoire.
La mère est partie parce qu’elle sent que la famille fonce droit dans le mur et qu’il faut provoquer un électrochoc. Mais elle part aussi par nécessité, pour affronter ses propres démons et son passé. Je ne dirai pas ici où elle est allée, ni où elle sera rejointe par son fils…

Disons simplement qu’au final, ce départ — qui ne dure que quatre jours — bouleverse absolument tout. Le père en ressort transformé. Et le fils, à 37 piges, commence enfin à envisager de quitter la maison, avec une femme rencontrée dans son fast-food pourri.

Le roman est bien écrit, mais ne vous attendez pas à du Proust, hein 😄
Il aborde les thèmes de la famille, des origines, du déracinement, de l’immigration, des mensonges et des non-dits familiaux, des déchirements, de la nécessité de la vérité à un moment ou à un autre, du retour au pays natal, et de la vie quotidienne, banale et rude, dans les cités et les HLM.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé. Un roman d’une grande simplicité, mais aussi d’une profondeur remarquable, avec une petite dose d’humour qui fait toute la différence.
Lisez-le vite.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article