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30 Janvier 2026
Lectures : Ephésie 4,1-13
Dimanche dernier, c’était la finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et le Sénégal. Dans le lieu où j’étais pour regarder le match, il y avait ceux qui supportaient le Maroc et d’autres le Sénégal. Malheureusement, l’équipe que je supportais a perdu ! Et à ce moment-là, j’ai senti très clairement deux mouvements intérieurs me traverser.
Le premier mouvement était un mouvement d’enfermement sur moi-même, qui m’entraînait vers la déception, la jalousie, et même une certaine amertume devant la victoire de l’autre. Le second mouvement, au contraire, m’appelait à un dépassement de moi-même, à m’ouvrir à la joie de ceux qui avaient gagné.
Le premier mouvement était celui d’une profonde déception qui me conduisait à me replier sur moi-même, à regarder l’autre avec jalousie. Et je crois que l’un des moteurs profonds de nos divisions est justement là : la jalousie et l’orgueil. Est jaloux celui qui ne voit en l’autre qu’un rival, qu’un concurrent. Celui dont l’existence de l’autre semble nier sa propre existence.
La jalousie naît d’un enfermement dans le moi, un enfermement qui empêche de rencontrer l’autre dans sa différence. Il y a bien des autres, mais ils n’existent qu’en fonction de moi. Ils ne sont pas reconnus comme autres, comme irréductibles à moi. La relation devient alors une relation de comparaison, et la comparaison engendre la rivalité, nourrie par la jalousie. La vie est pensée en termes de possession, de concurrence, de rupture avec l’autre ; elle n’est plus vécue comme un don, comme une communion. Le but devient alors d’être « comme » l’autre, ou pire, « à la place de » l’autre. Voilà, me semble-t-il, une des racines de nos divisions, et cette racine se trouve dans le cœur.
Mais il y avait aussi ce second mouvement. Malgré la déception, quelque chose en moi m’appelait à m’ouvrir à la victoire de l’autre, à me réjouir de sa joie, à sortir de mon enfermement lié à la défaite. À ce moment-là, l’autre ne m’apparaissait plus comme un rival, mais comme un partenaire, comme quelqu’un que j’étais appelé à aimer, malgré tout ce qui nous séparait. Et c’est alors que les paroles de saint Paul ont résonné avec force :
« En toute humilité et douceur, avec patience, supportez vous les uns les autres dans l’amour ; appliquez vous à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. »
L’unité des chrétiens est d’abord un don de Dieu. Saint Paul nous le rappelle :
« Un seul Corps, un seul Esprit, une seule espérance, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. »
Cette unité vient donc Dieu et elle nous est donnée. Mais cette unité est aussi un combat, un combat quotidien qui commence dans notre cœur.
Alors, la question nous est posée aujourd’hui : que choisissons-nous ?
L’enfermement sur nous-mêmes, nourri par la jalousie et l’orgueil ?
Ou bien l’ouverture à l’autre, et à Dieu, dans la joie, la paix, le pardon et l’amour ? Amen.