Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
29 Mai 2025
J’ai eu du mal à entrer dans ce livre dès les premières pages. Pourquoi ? Parce que Baptiste Beaulieu adopte un ton qui m’a parfois semblé méprisant envers les croyants, et que son langage est parfois cru, trop cru. Pourtant, malgré ces aspects, on ne peut pas nier la profondeur humaine du récit.
Le roman suit Jean, un médecin de famille, gay, qui rencontre toutes sortes de patients : des rencontres cocasses, sérieuses, drôles, douloureuses ou profondément humaines. À travers Jean, l’auteur nous fait entrer dans l’intimité du soin, dans ce lien unique qui se crée entre médecin et patient. Ce lien, ce qu’on appelle « l’alliance thérapeutique », ne repose pas seulement sur les compétences médicales, mais d’abord sur l’écoute, la confiance, le respect et la compassion.
Dès le début du livre, on découvre un Jean profondément touché, presque brisé, par la mort d’un enfant. La mère a donné la mauvaise adresse au SAMU, et l’enfant n’a pas été sauvé. Ce drame réveille en lui un vieux traumatisme d’enfance. Deux morts d’enfants à porter en soi, c’est trop. Et on comprend peu à peu d’où viennent sa douleur, sa colère, ses soupçons vis-à-vis des hommes. Il semble plus proche des femmes, presque féministe, même s’il noue aussi une belle relation thérapeutique avec un patient masculin.
Le livre montre avec finesse que soigner, ce n’est pas juste prescrire des médicaments ou poser un diagnostic. C’est d’abord une manière d’être avec l’autre, une forme de sagesse, une philosophie. Comme le dit Jean à la p.133 :
« rétablir la symétrie entre soignant et soigné, c’est aussi épouser les choix du patient, les tenir pour seule boussole, quand bien même ces choix ne cadrent pas avec notre vision. C’est savoir s’effacer derrière sa vérité, et accepter de ne pas toujours avoir raison (…) Comme quoi… On croit crever des abcès, déboucher les conduits ou ratiboiser de la cystite, du carcinome et du morpion, mais le cœur du métier, c’est la philosophie ».
Je pourrais dire, en paraphrasant Sartre, que soigner est une forme d’humanisme. Et ce livre en est un bel exemple. Les histoires qu’on y lit sont pleines d’humanité, souvent touchantes sans jamais tomber dans le pathos ou la sensiblerie. Beaulieu ne se présente pas en héros : il montre aussi ses contradictions, ses limites. Il reconnaît que, parfois, « aimer l’autre m’apparaît certains soirs un sentiment révolutionnaire » (p.200). Il déconstruit plusieurs clichés comme « un homme ne pleure pas » ou « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».
Les grands thèmes du livre sont : la maladie, le mal, la mort, le soin, la résilience, le sens de la vie, l’amour… C’est profond, parfois brut, parfois tendre, mais toujours humain.
Voici quelques citations savoureuses du livre :
En résumé, un roman fort, humain, parfois dérangeant, mais profondément sincère. Une vraie plongée dans ce que soigner veut dire, au-delà des médicaments : écouter, accueillir, consoler.