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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Prédication : Solennité de Saint Pierre et Saint Paul 2025

Prédication : Solennité de Saint Pierre et Saint Paul 2025

Lecture (Ac 12,1-11 ; Ps 33(34) ; 2 Tm 4,6-8.17-18 ; Mt 13, 16-19) 

Chers frères et sœurs,

Ce dimanche, nous célébrons la solennité de Saint Pierre et de Saint Paul : deux grandes figures, deux colonnes de l’Église ! Et vous me permettrez d’en ajouter une troisième — une figure que nous, catholiques, avons l’habitude d’inviter un peu partout, et à juste titre : la Vierge Marie.

Je vous propose ce matin de contempler ensemble ces trois visages — Pierre, Paul et Marie — comme trois visages complémentaires et unis de l’unique Église du Christ. Trois dimensions qui, ensemble, dessinent ce que nous sommes appelés à vivre : la communion, la mission, et la prière.

Commençons par Saint Pierre.

Pierre, c’est celui qui, le premier, a reconnu en Jésus non pas seulement un maître ou un prophète, mais le Fils du Dieu vivant. Et c’est sur cette foi, sur cette confession de foi, que Jésus lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Il lui confie les clés du Royaume. Et juste avant de monter vers le Père, Jésus lui dit encore : « Sois le berger de mes brebis. »

Pierre est donc la figure de l’autorité dans l’Église. Une autorité visible, confiée au pape, aux évêques, aux prêtres et aux diacres — ce qu’on appelle les ministères ordonnés. Ce visage hiérarchique de l’Église n’est pas là pour dominer, encore moins pour imposer une pensée unique. Il est là pour servir. Pour veiller à la communion entre tous les baptisés.

Quand j’étais séminariste, Mgr Guy de Kerimel nous rappelait souvent que notre autorité ne viendrait pas seulement de l’ordination, mais d’abord de notre attachement au Christ, et du témoignage de notre vie. L’autorité dans l’Église ne peut être que pastorale. C’est une autorité qui s’exerce à genoux, dans le service et dans l’humilité.

Ensuite, il y a Saint Paul.

Paul, c’est l’apôtre du grand large ! L’évangélisateur infatigable. Celui qui ne tenait pas en place, parce que le feu de l’Évangile brûlait en lui. Dans la deuxième lecture, il dit : « Le Seigneur m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. »

Paul, c’est donc la figure de la mission. L’Église n’est pas faite pour rester enfermée. Elle est faite pour sortir. Pour aller à la rencontre. Jésus nous dit dans l’Évangile : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » Autrement dit : ne gardez pas ce trésor pour vous ! Ce que vous avez reçu, partagez-le.

Mais attention : annoncer l’Évangile, ce n’est pas faire du prosélytisme. Ce n’est pas imposer la foi. Comme disait Bernadette : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. » Et Benoît XVI ajoutait : « L’Église ne grandit pas par contrainte, mais par attraction. » C’est la beauté de nos vies, la vérité de notre foi, la charité de nos gestes qui donnent envie à d’autres de connaître le Christ.

Et enfin, la Vierge Marie.

Si l’on prend l’image d’un arbre : Pierre serait le tronc solide, Paul les branches déployées vers le monde… mais qu’est-ce qui tient l’arbre debout ? Ce sont les racines. Et c’est là, le visage marial de l’Église. Ce qui nous nourrit en profondeur, ce qui nous relie à la Source : la prière, l’écoute de la Parole, la contemplation.

Dans les icônes de l’Annonciation, Marie est souvent représentée avec les Écritures à la main. Elle lit, elle médite. Elle accueille la Parole, elle la laisse descendre dans son cœur… et cette Parole devient chair en elle. Dans l’Évangile de l’enfance, il est dit plusieurs fois : « Marie gardait toutes ces choses en son cœur. »

Marie nous rappelle que la foi ne peut pas être vecu sans prière. Sans silence. Sans cette intimité avec Dieu dans laquelle l’Esprit peut agir. C’est par la prière que l’Église tient debout. Dans la première lecture, Pierre est libéré de sa prison grâce à la prière de la communauté ! Voilà la puissance de la prière dans l’Église.

Frères et sœurs,
L’Église a donc trois visages essentiels : (1) La dimension hiérarchique, symbolisée par Pierre : pour garder l’unité et la communion. (2) La dimension missionnaire, incarnée par Paul : pour annoncer l’Évangile au monde. (3) La dimension contemplative, vécue par Marie : pour rester enracinés dans l’amour de Dieu.

Je vous propose, pour conclure, de vous laisser interpeller par trois petites questions : (1) Quel est mon rapport avec la hiérarchie de l’Église ? (2) Ma vie est-elle missionnaire ? Est-ce que je rends visible l’Évangile autour de moi ? (3) Quelle place ont la prière, le silence, la Parole de Dieu dans ma vie quotidienne ?

Que Saint Pierre, Saint Paul et la Vierge Marie nous accompagnent sur ce chemin de communion, de mission et de prière ! Amen !

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