Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
13 Juillet 2025
Lectures (Dt 30,10-14 ; Ps 68 ; Col 1,15-20 ; Lc 10, 25-37)
Frères et sœurs,
La question que pose le docteur de la Loi à Jésus, c’est une question qu’on s’est tous posée un jour ou l’autre dans notre vie de foi :
« Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? »
En gros : qu’est-ce qu’il faut faire pour aller au ciel ?
Ou, comme on disait autrefois : comment sauver mon âme ?
Et cette question, on ne se la pose pas seulement pour soi.
Quand on a des enfants, des amis, des proches qui ne croient pas ou qui doutent… on se demande : Mais eux aussi, seront-ils sauvés ?
L’Évangile de ce jour y répond très simplement. Pour avoir la vie éternelle, il suffit d’aimer Dieu et d’aimer son prochain.
Alors dit comme ça, ça a l’air simple !
Mais Saint Jean nous rappelle : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » (1 Jn 4).
Autrement dit, notre amour pour Dieu passe par l’amour concret du prochain.
Et Jésus le dit aussi : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »
Donc ce matin, je voudrais simplement m’arrêter sur l’amour du prochain à partir de la parabole du bon samaritain.
Aimer son prochain, ce n’est pas juste avoir de belles idées, faire de beaux discours ou avoir de bonnes intentions.
On connaît tous ce proverbe : « L’enfer est pavé de bonnes intentions. »
L’amour du prochain, c’est du concret, du réel, du quotidien.
Dans l’Évangile, c’est le Samaritain qui incarne cet amour vrai.
Il voit un homme blessé sur la route. Il ne le connaît pas. Mais il s’arrête. Il verse de l’huile pour calmer la douleur, et du vin pour désinfecter la plaie.
Et ce n’est pas fini ! Il l’amène à l’auberge, paie pour lui.
Il se rend responsable d’un inconnu. Il se laisse toucher par sa souffrance. Il est saisi de compassion devant cet homme blessé et il agit.
C’est ça aimer son prochain : vouloir son bien, se rendre disponible, se laisser déranger, se mettre en marche pour aider, pour soigner, pour relever.
Le philosophe Emmanuel Levinas disait :
« Le visage de l’autre m’interpelle, me parle, me questionne, m’appelle à la responsabilité. »
On ne peut pas faire comme si l’autre n’existait pas.
Voir un visage, c’est reconnaître une personne, une dignité, une humanité.
Et ça, c’est à la portée de tout le monde. Pas besoin d’être croyant pour être touché par la détresse de quelqu’un.
L’Église le rappelle : chaque être humain a une conscience, et c’est là, au fond de cette conscience, que Dieu parle à chacun. Il nous invite à fuir mal et à faire bien.
Le Concile Vatican II dit qu’on peut être sauvé en suivant sa conscience :
« Ceux qui ignorent l’Évangile sans que ce soit de leur faute, mais qui cherchent Dieu sincèrement et font le bien selon leur conscience, eux aussi peuvent être sauvés. » (LG 16)
Autrement dit, Dieu est plus grand que nos catégories. Les hommes regardent l’apparence et le Seigneur regarde le cœur. Le petit prince disait bien « qu’on ne voit bien qu’avec le cœur ».
Avant d’être religieux… soyons humains
Le Bon Samaritain nous rappelle une chose essentielle :
Avant d’être des pratiquants, nous sommes appelés à être pleinement humains.
Ce que les deux religieux de la parabole, le prêtre et le lévite, ont oublié.
Ils ne s’arrêtent pas auprès du blessé, non pas parce qu’ils sont méchants, mais parce qu’ils ont peur de devenir impurs en touchant du sang.
Leur religion les empêche d’aimer. Leur souci du culte les éloigne de l’homme. Leurs pratiques religieuses les ont éloignées de leur humanité première qui consiste à venir en aide à celui qui souffre. Et pourtant, aimer Dieu, c’est aussi aimer ceux qu’il met sur notre route.
Alors Prions… Demandons aujourd’hui cette grâce :
Que notre foi, que nos prières, que nos sacrements, ne nous éloignent pas des autres, mais qu’ils nous rapprochent de Dieu…et nous rendent plus proches de nos frères et sœurs, particulièrement les plus vulnérables ». Amen.