Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
14 Juillet 2025
Franchement, 18 euros pour un livre qui se lit en deux heures, c’est pas donné… Mais bon, on paie peut-être aussi le nom de l’auteur : Nicolas Demorand, journaliste connu, qui a le courage de parler ouvertement de sa maladie mentale. Et comme par hasard, en 2025, la santé mentale est la Grande Cause Nationale en France. Tant mieux, parce qu’on en a bien besoin !
C’est fou comme on accepte facilement les maladies du corps – cancer, diabète, tumeurs – sans juger. On compatit ! Mais dès qu’on parle de maladies mentales, ça coince. C’est mal vu, mal compris, et ça donne lieu à des jugements rapides, souvent blessants. Résultat : ceux qui en souffrent se retrouvent enfermés dans la honte, la solitude… et la culpabilité. Oui, culpabilité, parce qu’on leur fait croire que c’est « de leur faute » s’ils vont mal, qu’ils devraient « se bouger » un peu pour aller mieux. Comme si on disait à quelqu’un atteint de cancer : « Va prendre l’air à la montagne, ça guérira tes cellules cancereuses ! » C’est absurde. Et c’est pareil pour la dépression : ce n’est pas qu'une question de volonté!
Le pire, c’est quand on y colle une couche de religiosité pour rajouter à la culpabilisation, genre « c’est le diable ». Je pense à ce passage de l’Évangile de Jean, chapitre 9, où les disciples demandent à Jésus si l’aveugle est puni pour ses péchés ou ceux de ses parents. Et Jésus répond : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui » Juste ça : à méditer.
Aujourd’hui, de plus en plus de gens souffrent de troubles mentaux : dépression, bipolarité, burn-out, schizophrénie, Alzheimer, paranoïa… Mais ça reste encore trop mal compris par le grand public. Et parfois, on vous colle direct l’étiquette de « fou ». Je fais un grand hommage au roman "tout le bleu du ciel " de Dacosta qui traite de la question avec beaucoup d'humanité !
Mais revenons au livre.
Demorand raconte ses dix années de dépression aiguë. Il commence avec son médecin traitant, puis tente la psychanalyse, les antidépresseurs, les anxiolytiques… Rien ne marche sur le long terme. Dans ses pires moments, il passe des semaines sur son canapé, se fait livrer à manger, ne descend même plus ses poubelles (on imagine l’ambiance), il développe une phobie sociale, fait des achats compulsifs, force sur l'alcool, mange n’importe comment… Bref, il sombre.
Il erre d’un spécialiste à l’autre, subit des traitements qui ne lui conviennent pas, mais aucun personnel soignant n’ose dire « je ne sais pas » ou « je me suis trompé ». Et puis un jour, à Sainte-Anne, un psychiatre pose enfin le bon diagnostic : trouble bipolaire, qu’on appelait avant « maniaco-dépression ». Et là, changement de traitement, et surtout changement de vie. Il commence à revivre. Parce qu’avant, c’était la survie, au point où il a voulu mourir. Pas par envie de mort, mais juste pour arrêter de souffrir. Il appelle le suicide « l’anxiolytique suprême ». C’est dire à quel point il touchait le fond.
Ironie du sort c’est que c’est à Sainte-Anne, cet hôpital longtemps vu comme un asile de fous, qu’il trouve en fait une forme de salut, presque de rédemption.
Alors, qu’est-ce qu’on retient de ce témoignage ?
Qu’il faut s’informer sur les maladies mentales, pour éviter de dire des bêtises et de blesser ceux qui en souffrent. Il faut banaliser la maladie mentale : ce sont des maladies comme les autres. Et surtout, ne pas réduire quelqu’un à sa pathologie. Demorand est bipolaire, oui, mais c’est aussi un homme aimé, un journaliste talentueux. On peut vivre avec une maladie mentale, aimer, travailler, avoir une vie « normale ».
Et dernier point important qu’il soulève : il faut être acteur de son suivi. Ne pas rester silencieux face au médecin. Dire quand ça ne va pas, quand un traitement ne marche pas. C’est notre corps, notre esprit, notre vie. Il faut oser parler