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Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !

Yves Marie F. S., Diacre en vue du presbyterat

Ma prédication de ce 1er Dimanche de l'Avent, Année C

Ma prédication de ce 1er Dimanche de l'Avent, Année C

Lectures : (Jr 33,14-16 ; Ps 24(25) ; 1 Th 3,12 ; 4,2 ; Lc 21, 25-28.36-36).

Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous entrons dans le temps de l’avent. Un temps où nous nous préparons à vivre le mémorial de la venue du Christ. Une venue qui concerne non seulement le passé, mais aussi le présent et l’avenir. Car le Fils de Dieu est venu dans la chair il y a deux milles ans dans le sein de notre bienheureuse mère, il vient encore aujourd’hui dans nos cœurs par la grâce et nous espérons bien-sur son retour définitif dans la Gloire où Dieu sera tout en tous à la fin des temps ! Une venue du Seigneur qui concerne donc la totalité du temps.

Dans la première lecture, le prophète Jérémie parle de cette venue du Christ comme l’accomplissement d’une parole de bonheur, de joie, d’exultation comme Elisabeth quand elle a entendu la parole de salutation de Marie : « l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein ». Or dans les premiers versets de l’Evangile que nous venons d’entendre, la venue du Seigneur nous est présentée comme un temps d’ébranlement, de danger, d’angoisse, de cataclysme : « les nations seront affolées et désemparées (…) les hommes mourront de peur (…) les puissances des cieux seront ébranlées ». Qu’est-ce à dire ? la venue du Seigneur annonce-t-elle un temps de bonheur ? Ou alors de malheur ?

En méditant sur cette contradiction apparente concernant la venue du Seigneur m’est venu l’image de la naissance d’un enfant au monde. En effet, la venue d’un enfant au monde est précédée des douleurs de l’enfantement, de l’angoisse des parents concernant la survie de l’enfant et peut-être même de l’angoisse du fœtus qui est invité à faire le passage de ce lieu sécurisant et tranquille qu’est le sein de sa mère pour un nouveau monde dont il ne connaît rien. Il lui faudra donc mourir à ses représentations, à sa situation, à son confort pour effectuer ce saut dans ce qui lui est encore inconnu.

Il me semble que nous pouvons faire un rapprochement entre cette image et les descriptions terribles que nous venons d’entendre sur la venue du Fils de l’homme. Pour accueillir Jésus, pour vivre pleinement de sa vie, nous sommes appelés à vivre un bouleversement. Ce bouleversement s’appelle la conversion et parfois, même souvent, elle peut être pénible. Il nous faudra mourir au péché et à tout ce qui conduit au péché pour vivre de l’amour de Dieu et du frère. Ce n’est pas toujours facile de renoncer à la médisance, à la jalousie, à la haine, à l’orgueil, à l’égoïsme, aux rivalités, aux comparaisons etc… C’est difficile, c’est onéreux… Et bien sûr, nous avons besoin de la grâce de Dieu qui est toujours première mais cette grâce travaille avec nous, elle ne nous exclut pas, le Père nous appelle à participer à notre propre salut. Je pense que là se trouve notre dignité d’homme ou encore ce terme démodé, désuet ou inusité que je m’apprête à sortir du placard : notre « mérite ». C’est-à-dire la grâce que Dieu nous fait de pouvoir collaborer/coopérer avec lui pour notre propre salut. Dieu qui nous a créé sans nous, ne nous sauvera pas sans nous » disait Augustin.

Saint Paul dans sa lettre aux Philippiens dit « j’ai été saisi (…) et je cours ». Comment peut-il à la fois être saisi et courir ? Il a été effectivement saisi par l’amour du Christ, par l’infini miséricorde de Dieu et en même temps il doit courir, c’est-à-dire mettre du sien, une manière d’honorer cette grâce qu’il a reçu. C’est la raison pour laquelle il invite les Thessaloniciens à faire de nouveaux progrès pour plaire à Dieu.

Dans la tradition de l’Eglise, cette coopération de l’homme a son propre salut passe par ce qu’on appelle le combat spirituel. Et durant ce temps de l’avent, je vous propose trois armes pour vivre le combat spirituel, pour nous préparer à la venue du Seigneur dans nos vies : la gratitude, la parole de Dieu et l’endurance ou la constance dans la prière.

Premièrement la gratitude. Par la gratitude, on rentre dans la logique du don, en reconnaissant que notre vie, la création qui nous environne, nos capacités humaines et intellectuelles, sont des dons de Dieu, et n’ont pas d’abord des dus. Paul dit « qu’a tu que tu n’aies reçu ? ». Par ailleurs, en nous focalisant sur l’actualité qui souvent ne présente que ce qui ne va pas, nous pouvons avoir tendance à raller, critiquer, polémiquer continuellement… Or la gratitude tourne notre regard et nous pousse à voir ce qui va bien, sur ce qui est beau et ainsi à rendre grâce. Je rends grâce d’avoir une famille, un travail, cette plante que je vois fleurir etc. En fait la gratitude nous pousse à l’émerveillement. On peut prendre éventuellement la résolution au terme de la journée de remercier Dieu pour trois choses concrètes dont nous avons été témoins dans la journée.  

Deuxième arme, la Parole de Dieu. Le psalmiste que nous venons d’entendre demande à Dieu de lui faire connaître ses chemins. Et Dieu nous fait connaitre sa volonté par sa Parole contenue la bible. Je me rappelle à l’époque, lors de mes premières années au séminaire, nous avons rencontré une religieuse qui pour nous montrer l’importance d’être imprégner de la parole de Dieu, prenait l’image de la lumière produite à partir des allumettes. Elle disait : de la même manière qu’une allumette a besoin d’être frotter sur le grattoir pour s’allumer, ainsi on doit se coltiner la parole de Dieu pour que notre conscience soit éclairée. Sinon elle est vide et elle aura du mal à nous aider à discerner la volonté de Dieu dans le quotidien de notre vie. Or l’évangile nous appelle à être « lumière pour le monde ». On peut décider durant ce temps de l’avent, de lire quotidiennement l’Evangile de Marc ou un autre afin de se laisser habiter par la Parole.

Et enfin, dernière arme, il nous faudra tenir dans la constance pour que le Seigneur nous trouve éveillés quand il vient ! Que le jour du Seigneur ne nous surprenne pas comme un voleur. Pour cela, nous devons demeurer dans la prière car au fond, comme le dit Paul, c’est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire. Une prière de l’Eglise dit que « quand Dieu couronne nos mérites, il couronne ses propres dons ». S’il nous arrive de tomber, ce n’est pas grave, on se redresse, on relève la tête et on recommence car dans le Seigneur la victoire est assurée.  

Chers frères et sœurs, je vous propose donc la gratitude, l’attachement à la parole de Dieu et la constance dans la prière pour vivre pleinement ce temps de l’avent. Ainsi, de la même manière que les parents exultent de joie en entendant le premier cri de leur enfant ; de la même manière que l’enfant sorti du sein de sa mère découvre la beauté du monde, nous aussi, nous pousserons des cris de joie à la venue de notre Seigneur et nous nous tiendrons débout et émerveillés devant la face du Fils de l’homme. Ce jour sera pour nous un jour de bonheur et de joie profonde ! Amen

 

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