Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
19 Janvier 2025
Lectures : Jn 20,24-29
Chers frères et sœurs,
Je voudrais attirer votre attention sur une phrase que nous avons entendue dans l’Évangile : « La paix soit avec vous ». C'est la première fois dans l’histoire qu’un homme, Jésus, naît dans la plénitude de la Vie Éternelle, et les premières paroles qu'il adresse à ses disciples, et à nous en ce moment, sont : « La paix soit avec vous ».
Dans l’Ancien Testament, le mot « paix » a plusieurs significations. D'abord, la paix est synonyme de bien-être : elle évoque une existence qui vit en harmonie avec la nature, avec soi-même et avec Dieu. Ensuite, la paix est liée au bonheur. Par exemple, on dit qu'Abraham est mort « en paix », dans une vieillesse heureuse et rassasiée de jours. Enfin, la paix est aussi liée à la justice, car elle représente ce qui est bien, en opposition avec ce qui est mal. La Bible nous dit par exemple : « Il n'y a pas de paix pour les méchants » mais « Voyez l'homme juste : il y a une postérité pour l'homme de paix ». Ainsi, dans l’Ancien Testament, la paix n’est pas simplement l’absence de guerre, elle représente la plénitude du bonheur.
Cependant, cette plénitude de bonheur, que l’Ancien Testament nous promet par le terme de paix, ne peut se réaliser pleinement sans la victoire du Messie sur le péché et sur la mort. C’est pourquoi la paix que nous apporte le Christ ressuscité est la véritable paix. Lui, qui a triomphé du péché et de la mort, peut combler notre cœur de cette paix profonde que nous désirons.
Jésus ressuscité, lorsqu’il apparaît à ses disciples, ne leur reproche rien : il ne leur dit pas « Pourquoi m’avez-vous abandonné ? » ou « Pourquoi Pierre m’a-t-il renié ? ». Il ne se présente même pas à ceux qui l’ont crucifié pour leur dire : « Vous m’avez tué, mais me voilà vivant ». Non, le Ressuscité apparaît à ses disciples, cachés et terrifiés, et sa première parole est « Shalom », c’est-à-dire « paix ». Il n’y a aucune rancœur, aucun reproche, juste la paix.
Jésus, voyant la tristesse de ses disciples, avant de partir vers le Père, leur dit : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ». La paix est donc avant tout un don de Dieu, un don que nous devons recevoir, dans ce monde qui souffre de divisions et de déchirements.
J’ai lu récemment qu’il y a plus 60 zones de conflit dans le monde. Dans cette atmosphère de guerre, de violence, de vengeance et de haine, nous sommes appelés à regarder, d’une part, la pauvreté et la fragilité de l’enfant Jésus, né à Bethléem dans une étable, et célébré par les anges qui disent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Et d’autre part, nous contemplons aujourd’hui le Christ ressuscité qui nous appelle à la paix.
La paix, bien qu’étant d’abord un don de Dieu, est aussi une mission, une responsabilité que Jésus nous confie, en particulier à travers les Béatitudes : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ». Nous sommes appelés à construire, avec l’aide de l'Esprit Saint, la paix dans nos communautés, dans nos quartiers, dans nos maisons, dans nos relations et en nous-mêmes.
Je terminerai en citant Etty Hillesum, une femme qui a vécu la paix dans l’horreur d’un camp de concentration, en sachant qu’elle allait mourir. Elle disait ceci, et c’est magnifique : « Notre unique obligation est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix, et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y aura de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition ».
Chers frères et sœurs, la paix soit avec vous !