Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
3 Janvier 2025
Lectures : (1 Jn 2,29 -3,6) ; Ps (97)98 ; (Jn 1,29-34)
Chers frères et sœurs,
Ce soir, j’aimerais attirer votre attention sur un verset de l’Évangile que nous venons d’entendre, en particulier sur le verset 31, où Jean-Baptiste déclare dans la première partie du verset : « Et moi, je ne le connaissais pas ». Comment Jean-Baptiste, qui est cousin de Jésus, peut-il dire qu’il ne le connait pas ? Dans l’Évangile de l’enfance que nous méditons pendant ce temps de Noël, nous sommes invités à méditer sur la Visitation, ce moment où Marie, enceinte de Jésus, rend visite à sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de Jean-Baptiste. Lors de cette rencontre, Jean-Baptiste tressaille d’allégresse dans le ventre d’Élisabeth à la simple voix de Marie. Comment Jean-Baptiste peut-il donc affirmer qu’il ne connaît pas Jésus ?
Une piste de réponse réside dans le fait que Jean-Baptiste connaissait Jésus uniquement d’un point de vue humain. Pour lui, Jésus était son cousin, un homme parmi tant d’autres, tout comme les bouddhistes voient en Jésus un grand sage, les Juifs un grand rabbin, et les musulmans un grand prophète. Jean-Baptiste ne voyait pas en Jésus celui qu’il était vraiment, le Fils de Dieu, le Messie, l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Il lui fallait donc une révélation divine pour reconnaître Jésus autrement que comme un simple cousin. Il dit d’ailleurs : « Mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. » Ce n’est que par cette révélation divine qu’il comprend qui est véritablement Jésus.
Cela nous invite, nous aussi, à demander la grâce d’une connaissance surnaturelle, une connaissance intime et spirituelle de Jésus pour vraiment nous attacher à lui et devenir son disciple. Une connaissance qui dépasse donc la simple compréhension humaine ou traditionnelle. Dans l’Évangile, lorsque Jésus demande à ses disciples « Qui suis-je ? », Pierre lui répond « Tu es le Messie de Dieu ». Jésus lui dit alors que ce n’est ni la chair ni le sang qui lui ont révélé cela, mais son Père qui est aux cieux (Mt 16, 16-18). La foi en Jésus est donc un don de Dieu. C’est ce qui fait que la foi est une vertu théologale, c’est-à-dire un don que Dieu nous offre pour qu’il soit au centre de nos vies.
Dans la seconde partie du verset, Jean-Baptiste dit : « Si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël ». Par son action, Jean-Baptiste manifeste Jésus. Nous pouvons nous poser la question, en cette période de Noël : comment notre vie, nos actions, peuvent-elles manifester Jésus ? Noël, ce n’est pas seulement l’histoire de l’Enfant Jésus qui naît dans la crèche, c’est aussi Jésus qui vient habiter notre cœur. Comme Marie, nous sommes invités à concevoir Jésus dans notre propre vie. Par le baptême, nous avons revêtu le Christ, comme l’indique le signe du vêtement blanc. D’ailleurs, la première lecture nous dit : « Voyez quel grand amour le Père nous a donné pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » (1 Jn 3,1).
Alors, comment laissons-nous Jésus prendre toute sa place dans nos vies ? Jean-Baptiste dira : « Il faut que je diminue pour qu’il grandisse » (Jn 3,30). Cela nous interroge : comment mourir à notre égo, à notre orgueil, à notre péché, afin que le Christ habite pleinement en nous ? Que notre vie devienne un témoignage vivant, comme celui de Jean-Baptiste, qui proclame : « Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu » Amen!