Bienvenue sur mon blog ! Ici, je partage mes réflexions et homélies, ainsi que mes avis sur les livres qui m’inspirent et qui passent entre mes mains. Vous y découvrirez des analyses sur des textes spirituels, philosophiques ou littéraires, avec des perspectives personnelles et des recommandations de lecture. N’hésitez pas à explorer et à commenter. Bonne lecture !
12 Janvier 2025
Lectures : (Is 40,1-5.9-11 ; Ps 103(104) ; Tt 2,11-14;3,4-7 ; Lc 3,15-16.21-22)
Chers frères et sœurs,
En ce temps de Noël, nous sommes invités à contempler le baptême du Seigneur, ce moment où Jésus reçoit le baptême de Jean, un baptême pour la conversion et la rémission des péchés. On pourrait se poser la question : pourquoi Jésus, qui est le Fils de Dieu et sans péché, aurait-il besoin de ce baptême pour le pardon des péchés ? Avant de répondre à cela, posons-nous la question : qu’est-ce que le péché ?
Le péché, étymologiquement, signifie "rater sa cible" – en grec, « amartya » et en hébreu, « hattat ». C’est comme un archer qui rate sa cible ou un footballeur qui tire à côté des buts. La cible, ici, c’est Dieu. Le péché, c’est manquer Dieu. Et quand on le fait, cela attriste Dieu, car comme le disait Saint Augustin : « Dieu nous a créés pour Lui, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en Lui ». Manquer Dieu, c’est vivre en-deçà de ce que Dieu attend de nous, c’est rater notre vocation d’enfants de Dieu. C’est un peu comme si Dieu nous proposait un repas à la Pyramide et que, à la place, on choisit un fast-food, ou comme si on nous offrait la possibilité de vivre dans une magnifique ville comme Vienne et qu’on préfère Grenoble… Le péché, c’est vraiment vivre en-dessous de ce que Dieu veut pour nous. En nous faisant rater cette cible qu’est Dieu, le péché nous enferme dans l’égoïsme, dans notre orgueil, et nous empêche d’être en communion avec Dieu et avec les autres. Finalement, le péché nous déshumanise et nous empêche de vivre pleinement comme enfants de Dieu.
Mais Jésus, Lui, vivait parfaitement uni à Dieu son Père, en harmonie totale avec son identité de Fils de Dieu. Alors, pourquoi se fait-il baptiser par Jean ? Jésus choisit de se faire baptiser par solidarité avec cette foule qui vient vers Jean-Baptiste. Jésus se fait baptiser par Jean non pas parce qu’il a péché mais plutôt pour assumer notre péché, par solidarité. C’est le prolongement du mystère de l’incarnation ou Dieu se fait homme par amour pour l’humanité. C’est le prolongement car Jésus va encore plus loin avec son baptême : il s’identifie à nous dans notre péché, il porte notre mal, notre souffrance, et notre mort pour les anéantir par un amour infini. C’est ainsi qu’il nous réconcilie avec notre véritable cible, Dieu le Père. Cette mission, qu’il accomplira pleinement sur la croix, commence déjà ici, dans son baptême. Saint Paul dira à ce sujet : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu ». Jésus, par son baptême, s’unit, communie à notre humanité, dans sa beauté comme dans sa noirceur, dans ses faiblesses comme dans ses péchés. Ce mouvement de la descente/abaissement de Dieu que nous célébrons à Noël ne s’arrête donc pas à la crèche : Jésus descend jusqu’à se mêler aux ténèbres de nos vies. Et c’est dans ces ténèbres de nos vies qu’il veut répandre l’Esprit Saint, l’Amour du Père et du Fils. Alors comment recevoir aujourd’hui le baptême de l’Esprit ?
Quand on vient vers Jésus, on a tendance à lui ouvrir uniquement ce qu’il y a de meilleur en nous : nos qualités, nos talents. On se dit : « Seigneur, regarde, je sais bien chanter, je suis attentif aux autres, je joue bien de tel instrument… » Et c’est déjà bien, mais ce n’est pas suffisant. Car dans tout ce que nous faisons de bien, si on est honnête, on n’a pas tant besoin de Dieu. Cela tourne plutôt bien tout seul, et nous nous sentons souvent maîtres dans ces domaines-là. On n’a quasiment pas besoin de l’Esprit Saint.
Aujourd'hui, peut-être devons-nous désirer que Jésus envoie son Esprit habiter nos faiblesses, nos pauvretés, nos défauts, ces aspects de nous-mêmes qui nous dérangent ou que nous avons peur de regarder. Ces zones d'ombre où on ne se sent pas à l’aise, et qui parfois sont à l’origine de notre péché. Peut-être devons-nous demander à l’Esprit Saint de venir habiter ces endroits sombres, et là, de nous apporter sa libération et son amour. Car c’est là que le Père nous dit, comme il l’a dit au Christ : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie ». D’ailleurs saint Paul disait trouver sa fierté dans sa faiblesse car disait-il la puissance du Christ donne toute sa mesure dans sa pauvreté. Et il continuait : lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort.
Frères et sœurs, en se faisant baptiser, Jésus choisit de nous rejoindre là où nous avons besoin d’être sauvés. Je crois que c’est dans ces endroits où nous nous sentons fragiles, impuissants ou limités, que l’on peut vraiment expérimenter la puissance et l’amour libérateur de l’Esprit Saint. Alors, n’ayons pas peur, en ce jour de fête du baptême du Seigneur, d’offrir à Jésus nos faiblesses, nos blessures, nos échecs, nos peurs, et nos péchés. Par son baptême, Jésus se fait solidaire de nous dans tout cela et il nous donne l’Esprit Saint. Remettons-nous entièrement entre les mains de Dieu, avec tout ce qu’il y a de beau et de moins beau en nous ; tout en demeurant ferme dans l’Espérance qui ne déçoit pas car comme le dit l’Ecriture : « l’amour de Dieu a déjà été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». Laissons-le nous sanctifier ! Amen !